Données nouvelles sur Rhapydionina Stache, 1913 et Fanrhapydionina n. gen., un groupe de Rhapydioninidae (Alveolinacea, Foraminifera) foisonnant en région périadriatique au Campanien-Maastrichtien
Author
Fleury, Jean-Jacques
text
Geodiversitas
2014
2014-06-27
36
2
173
208
http://dx.doi.org/10.5252/g2014n2a1
journal article
10.5252/g2014n2a1
1638-9395
5381077
Rhapydionina bulbiformis
n. sp.
(
Fig. 10
)
HOLOTYPE
. — Section équatoriale centrée d’un test A comportant un proloculus d’un diamètre de
0,05 mm
, d’une partie involute faiblement streptospiralée de 6 loges suivie d’une
PRU
cylindrique de quatre loges, pour une dimension maximale de
1 mm
(
Fig. 10A
). La section est comprise dans une lame mince portant le numéro d’échantillon
GGB520
, le numéro de fabrication 5546 et le numéro de collection
JJF413
sous lequel on pourra la retrouver dans les
Collections
de Paléontologie
du
MNHN
. MATÉRIEL EXAMINÉ. — L’échantillon type renferme environ 20 sections comprises dans 30 lames minces portant le numéro d’échantillon
GGB520
(Coll.
JJF413
). Une trentaine d’autres sections proviennent des échantillons
GGB514
,
521
et
XGP304
(Coll.
JJF402
,
414
et 143), également de la biozone CsB6.
FIG. 10. —
Rhapydionina bulbiformis
n. sp:
A -F
,
L
, sections équatoriales centrées ou subcentrées de tests A. Noter l’aspect streptospiralé de l’enroulement des premières loges des sections
A
(holotype) et
D
; l’avant dernière loge de
A
montre l’endosquelette central isolé par les ouvertures primaires.
L
se distingue par une PRU importante, mais ne semble pas comporter une partie initiale comparable à celle du test de génération B (section
Q
);
G -K
,
M
, sections axiales ou presque, centrées ou subcentrées de tests A. Noter l’enroulement streptospiralé des premières loges de K et M. Les parties spiralées sont démunies de cloisonnettes (sauf
G
?);
N -P
, sections de PRU coupées parallèlement à leurs axes, de l’une ou l’autre génération, montrant l’aspect typique de la forme des loges et de l’endosquelette central isolé par les ouvertures (voir aussi
M
);
Q
, section équatoriale centrée d’un test B caractérisé par l’enroulement juvénile de type quinquéloculin et le nombre important de loges de la PRU. Noter les deux couches de la muraille;
R -X
, sections transverses de loges de PRU, tests A ou B. Noter le petit diamètre de l’endosquelette central et l’extrême rareté des logettes secondaires.
A
,
C
,
D
,
F
,
I
,
K
,
M
,
O
,
R
,
U
, GGB520;
H
,
L
,
N
,
W
, GGB514;
B
,
E
,
G
,
J
,
P -Q
,
T
,
V
,
X
, XGP304;
S
, GGB521. Échelle: 1 mm.
LOCALITÉ TYPE
. — Région de Pylos-Méthoni, flanc occidental du Mont Ay. Nikolaos, en face de l’îlot Kaliona. Il s’agit d’un calcaire wackestone à débris de rudistes,
M. renzi
, et
C. smouti
A et B; la même association se trouve dans les autres échantillons, avec de rares
F. adriatica
.
ÉTYMOLOGIE. — Évocation du volume en forme de bulbe des loges comme de l’endosquelette central, qui se déduit de l’aspect des sections parallèles à l’axe de la PRU.
DIAGNOSE. — Espèce de petite taille, présentant le
type
structural de
Rhapydionina
. Tests A: très petit proloculus; courte partie streptospiralé puis planispiralée d’environ deux tours; PRU cylindro-conique de plusieurs loges, les dernières présentant un diamètre proche de celui de la partie spiralée. Cloisonnettes peu nombreuses apparues tardivement dans la partie spiralée. Loges et endosquelette central en forme de bulbe. Unique test B connu présentant un stade initial quinquéloculin, une partie involute et un stade adulte déroulé de même morphologie que les tests A, mais de plus grande taille.
Morphologie des tests.
Les tests A comportent un proloculus de section circulaire (0,05 ±
0,02 mm
pour les tests de la population
type
, jusqu’à 0,08 ±
0,01 mm
dans les autres) suivi d’un court canal flexostyle et de quelques loges streptospiralées puis planispiralées composant une partie involute biombiliquée d’environ 2 tours; suivent une à cinq loges formant une PRU cylindro-conique, dont les loges croissent régulièrement en diamètre, jusqu’à atteindre approximativement le diamètre de la partie spiralée;
les loges, à sutures profondément incisées, présentent un volume en forme de bulbe. La plus grande dimension des tests A avérés peut dépasser
1,5 mm
. La génération B n’est connue que par une seule très bonne section équatoriale centrée proche de l’axe de la
PRU
(
Fig. 10Q
) comportant une partie spiralée de taille comparable à celle des tests A, organisée autour d’un peloton initial de
type
quinquéloculin
; la PRU comprend six loges dont la dernière atteint
0,8 mm
de diamètre; la grande dimension du test est de
2,5 mm
.
FIG. 11. —
Rhapydionina dercourti
n. sp.
(populations GKL414,225 et 77):
A -O
, population GKL414;
A -I
, sections centrées, équatoriales et axiales de tests A. Toutes comportent un proloculus de section circulaire suivi de quelques loges faiblement streptospiralées. Quelques cloisonnettes sont visibles dans la partie spiralée de
C
et
H -I
.
A
(holotype) montre l’endosquelette central en partie isolé par les ouvertures primaires. Les tests D et G sont probablement aplatis;
J -M
, sections transverses de loges de PRU circulaires à ovales (tests A probables). Les logettes secondaires sont rares, les piliers préseptaux visibles en
L
;
N-O
, tests B probables. La section
O
est décentrée mais correspond par ses proportions à
N
, qui comporte une partie centrale constituée de très petites loges clairement streptospiralées à l’examen direct;
P -S
, population GKL225. Deux sections centrées et deux sections transverses de loges compatibles avec celles de la population type;
T -W
, population GKL77. Deux sections centrées et deux sections transverses de loges compatibles avec celles des populations précédentes. Échelles: 1 mm.
Endosquelette.
Les cloisonnettes sont très rarement observables dans la partie spiralée, et seulement dans les toutes dernières loges (
Fig. 10E
). Elles demeurent rares et espacées dans les loges de la PRU, ce que traduisent les «courbes Nc/D » (
Fig. 9
), extérieures aux domaines des
R. dercourti
n. sp.
et
a fortiori
des
R.
aff.
liburnica
. L’endosquelette central, bien constitué dans les loges de la PRU, rappelle la forme bulbeuse des loges en section.
Rapports et différences.
L’espèce est bien caractérisée par sa petite taille et la forme de ses loges comme de son endosquelette central dans les sections parallèles à l’axe de la PRU.
Rhapydionina dercourti
n. sp.
apparaît comme une version extrapolée, plus grande et plus massive, mais dépourvue de la forme si particulière de la section des loges et de l’endosquelette central. Une confusion est possible entre les sections transverses des loges des deux espèces: l’identification de
R. bulbiformis
n. sp.
n’est probable que pour des loges de diamètre inférieur à
0,5 mm
.
On aura particulièrement noté la faible différence morphologique entre les tests des deux générations. Cette différence s’accentuera chez les autres espèces de la même biozone et deviendra extrême dans la biozone suivante.