Notes à la flore de Corse, XXV
Author
Jeanmonod, Daniel
Labo de Systématique végétale et biodiversité, Université de Genève et Conservatoire et jardin botaniques de la Ville de Genève, C. P. 60, 1292 Chambésy, Switzerland.
daniel.jeanmonod@ville-ge.ch
text
Candollea
2015
2015-06-01
70
1
109
140
journal article
2798
10.15553/c2015v701a10
702f9ad3-9ff5-4fa5-8b9d-88b35af3da5b
2235-3658
5720895
Solanum mauritianum
Scop.
−
Talasani
:
route de Vallelongue près de son intersection avec la RN198
(
42°25’13.6’’N
9°31’42.0’’E
),
bord d’une ptéridaie mésohygrophile dégradée envahie par
Convolvulus sepium
L. et
Rubus ulmifolius
Schott
, 4 touffes dispersées sur
30 m
environ,
17.7.201 4
,
Tison, J.-M.
s.n.
(Hb. privé).
Xénophyte nouvelle pour la
Corse
, d’origine néotropicale. Le «bringellier marron» est connu depuis longtemps comme espèce invasive préoccupante en climat tropical (données compilées par exemple sur
la
Global Invasive Species Database
: http://www.issg.org/database/welcome/). Probablement à la faveur des changements climatiques, il fait aujourd’hui ses premiers pas en Europe en commençant par les régions les plus chaudes et les plus humides: Açores (SILVA
ex
archives EPPO: https://www.eppo.int/),
Madère
et
Tenerife
(
F. Verloove
comm. pers.), puis
Portugal
(DOMINGUES DE ALMEIDA,
Anales Soc. Bot. Madrid
57: 422, 2000).
En France
, l’espèce a été citée comme invasive potentielle sans précisions par ABOUCAYA (
Biocosme Mésogéen
15: 169-174, 1998) suite à une observation dans une propriété privée de Saint-Jean-Cap-Ferrat (
AlpesMaritimes
) où elle était plantée et avait tendance à proliférer (
G. Alziar
comm. pers.), mais on ne peut pas la considérer comme autonome dans ce cas, le désherbage et surtout l’arrosage favorisant largement son expansion.
La
population corse semble en revanche indépendante; elle comprenait en
juillet 2014
un individu fleuri et fructifié dépassant déjà
2 m
; les trois autres, encore stériles et hauts de 1 à 1,5 m, étaient très probablement issus de semis de la plante adulte.
Nous
n’avons pas vu le bringellier dans les quelques jardins environnants et son origine reste à préciser; c’est une plante ornithochore, facilement dispersée à longue distance.
Tout
comme
Sesbania punicea
(Cav.) Benth.
, il est gélif et quelque peu hygrophile et ne peut donc se maintenir en
Corse
que dans les zones humides du littoral, mais il constitue une menace potentielle pour ces biotopes.
Selon J. Deleuze
(in litt.), cette plante aurait été introduite dans les années 85/90 de la
Réunion
dans la région
de San Nicolao
où elle y a trouvé un climat favorable à sa propagation.
Son
éradication dans les lieux frais semble difficile car, comme il est dit, l’ornithochorie facilite sa dispersion et sa fructification est continuelle.
Un
plan d’éradication dans le lieu-dit
Leccie-Bordéo
avait été tenté dans les années 90/95 sans grand succès.
Son
éradication a aussi été tentée dans la propriété privée de Saint-Jean-Cap-Ferrat toujours sans succès jusqu’à cette année et quelques pieds apparaissent çà et là jusqu’à
Menton
.