Éthologie sonore et statut acoustique de quelques Cigales thaïlandaises, incluant la description de deux espèces nouvelles (Hemiptera: Auchenorhyncha *, Cicadoidea, Cicadidae)
Author
Boulard, Michel
École pratique des hautes Études, Biologie et Évolution des Insectes, Muséum national d’Histoire naturelle, 45, rue Buffon, F- 75005 Paris
text
Ann. Soc. entomol. Fr. (n. s.)
2003
2003-12-31
39
2
97
119
journal article
10.1080/00379271.2003.10697366
ab0767c3-8f6b-4800-a4eb-d4c096aa0bd0
3569894
5)
Macrosemia
tonkiniana
(
Jacobi, 1905
)
n. comb.
Cosmopsaltria tonkiniana
Jacobi, 1905: 429
;
Ibid., pl. 21 (
Cosmocarta
(sic)
tonkiniana
);
Cosmopsaltria tonkiniana
:
Metcalf, 1963: 555
.
Platylomia tonkiniana
:
Chou & Yao 1997: 258
.
Distribution géographique connue
;
localisation
temporelle
– Décrite sur un spécimen mâle originaire du
Tonkin
(Jacobi,
op. cit. loc. cit.
), puis par la suite considérée comme indochinoise, sans être explicitement citée de
Thaïlande
(
Distant 1917: 101
), cette espèce fut signalée de
Chine
tropicale (
Kato 1934: 154
;
Chou
et al.
1997: 258
). Elle existe effectivement en
Thaïlande
, dans la
Province de Chiang Maï
, où les mâles se manifestent en août et septembre. Jusqu’ici, la femelle restait inédite.
Figure 1
Meimuna tavoyana
(Distant, 1888)
, allotype femelle.
Sonogramme 5
Présentation succincte
– Grande espèce à dominante brune fasciée de noir, aux ailes élancées majoritairement hyalines, hormis les bases opacifiées de brun, ainsi que les deux nervules apicales des homélytres (
fig. 2
, en haut). L’abdomen est légèrement plus long que l’avant-corps, et une pruinosié grisâtre envahit les cymbacalyptes et latéro-tergites III et IV. Les opercules sont en forme de cuillère débordant quelque peu des flancs; ils sont plus ou moins noircis, sans contour précis, vers leur extrémité, certains exemplaires étant exemptés de noir (
fig. 3
). Mensurations d’un mâle enregistré:
62 mm
pour la longueur totale,
44 mm
pour celle du corps,
56 mm
et
16,5 mm
pour la longueur des homélytres et leur plus grande largeur,
15 mm
pour la largeur de la tête,
13,5 mm
pour celle du mésonotum et
124 mm
pour l’envergure.
Allotype
♀
(et 1
paratype
♀
) –
Thaïlande
,
Province de Chiang Maï
,
cordillère du Doi Mon Kia, près du village de Houaynamgun
,
10 septembre 2002
,
Michel Boulard
,
Khuankanok Chueata
et
Somboon Sulaiya
réc. et lég., Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (Entomologie).
À la fois moins longue de corps et légèrement plus épaisse, plus forte que le mâle, la femelle possède aussi une livrée un peu plus claire; l’abdomen en cône trapu, présente sur le dessus de larges plages d’une pruine cireuse blanche (
fig.
2
, en bas). Mensurations:
69 mm
pour la longueur totale,
38,5 mm
pour celle du corps,
57 mm
et
16,8 mm
pour la longueur des homélytres et leur plus grande largeur,
15 mm
pour la largeur de la tête,
14 mm
pour celle du mésonotum et
126,5 mm
pour l’envergure.
Figures 2-3
Macrosemia tonkiniana
(
Jacobi, 1905
)
, habitus typique du mâle (2) mise en évidence de la forme des opercules (3).
Sonogramme 6
Notes éthologiques et CIA
– Héliophiles et de pleine journée, canopéens, franchement solitaires (très éloignés entre eux), les mâles font entendre, longuement (une bonne dizaine de minutes) à la même place, une cymbalisation très particulière alternant, rapidement et très régulièrement, notes grésillées et notes musicales; puis, après une trentaine de secondes de repos (?), les mâles s’envolent.
Sonogramme 6
:
Macrosemia tonkiniana
(
Jacobi, 1905
)
, CIA (fréquence d’échantillonnage: 22 050 Hz):
a
) Oscillogramme transcrivant, en temps réel, une portion de 20 secondes de la longue cymbalisation d’appel faite d’un long train de modules identiques.
b
) Spectre fréquentiel moyen faisant apparaître le fondamental peu après l’indexe des 1 000 Hz, puis une succession de pics formantiques jusque vers les 9 000 Hz.
c
) Espace-temps arbitraire étirant près de deux secondes du plein signal (plage inversée en a) incluant deux modules. La partie grésillée dure quelque 0,75 s allant en s’amplifiant jusqu’à êtrrelayée par un signal plus musical beaucoup plus court mais bimodulé.
d
) Spectrogramme étiré suivant l’oscillogramme (
c
) et mettant en évidence la grande différence phonique entre les deux composante de chacun des modules.